Revue de la Société Royale de Médecine : Le Falun Gong, la transplantation d’organes, l’holocauste et nous-mêmes
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Le nombre de greffes d’organes effectuées en Chine et la vitesse à laquelle ces
organes deviennent disponibles ont soulevé des questionnements sur la source
des organes dans la communauté internationale. Il est publiquement déclaré que
les organes proviennent de criminels exécutés et qu’ils ont donné leur
consentement, mais il y a des allégations sur un scénario plus macabre selon
lequel ‘’ les prisonniers sont systématiquement soumis à des opérations
chirurgicales, spécifiquement pour prélever leurs organes en vue de greffes.
Dans cet essai, j’explore la plausibilité de cette déclaration en rapport avec
notre connaissance de la complicité de médecins avec des évènements ayant mené
à l’holocauste et des détails pratiques sur les greffes d’organes
contemporaines.’’
Les greffes d’organes ont augmenté en Chine à une
cadence remarquable. Une institution a rapporté 647 opérations de greffes de
foies en prés d’un an. Le temps d’attente est compris entre une et deux
semaines selon les pages Internet de l’Hôpital chinois. Les listes de prix sont
disponibles avec des sommes en dollars bien inférieures à celles du marché
mondial de la santé et inférieures d’un dixième à celles pratiquées aux
Etats-Unis.1 Pour devenir donneurs d’organes, les gens doivent mourir jeunes,
et dans des circonstances particulières, ainsi les organes sont généralement
rares et les temps d’attente peuvent être longs. En Chine, il y a un gouffre
numérique entre le nombre de donneurs probables et le nombre d’organes
manifestement disponibles en dépit du fait que le don d’organes a rencontré des
résistances dans la culture chinoise. Depuis mais 2006, les greffes d’organes
ont été réglementées pour la première fois2 mais la question se pose quand
même, comment ces équipes de greffes d’organes ont atteint une extension si
rapide et des temps d’attentes si courts ? Une allégation a été avancée selon
laquelle en Chine, les corps de personnes vivantes en bonne santé ont été
systématiquement éviscérés, et leurs organes pris pour des greffes.3
C’est aujourd’hui un fait accepté que les organes
de criminels executés en Chine sont utilisés pour la transplantation. On
prétend qu’ils sont consentants, mais est-ce que c’est un don qu’on peut faire
librement? En plus de cela, un argument d’un plus grand bien et d’un moindre
mal peut être invoqué : si un individu a perdu le droit à la vie sous un
processus judiciaire, peut-être a t-il aussi perdu le droit d’avoir ses reins
incinérés avec lui. Pourquoi seraient-ils gaspillés lorsque deux victimes
innocentes de défaillances rénales pourraient avoir une vie améliorée et plus
longue ? Mais il y a quelque chose d’encore plus préoccupant. En tant que
partie de l’expansion des activités religieuses dans le vide idéologique laissé
par la chute du communisme, un mouvement spirituel appelé Falun Gong a grandi.
Les pratiquants se rencontrent pour effectuer leurs exercices et pour méditer.
[ Note de l’éditeur : ils pratiquent cinq séries d’exercices doux et suivent
les principes d’Authenticité-Compassion-Endurance’’ dans leur vie quotidienne.
Depuis 1999, le Parti communiste chinois a brutalement persécuté les
pratiquants.] […] Apparemment, une fois arrêtés, ils subissent de façon
routinière des tests sanguins. Il n’y a pas de raison de croire que c’est pour
le bénéfice des pratiquants de Falun Gong mais la compatibilité des groupes
sanguins est primordiale pour le don d’organes. Le soupçon que les pratiquants
de Falun Gong sont une source des organes est centrale dans le travail
d’investigation de David Matas et David Kilgour, qui ont formulé les
allégations. 3
. Les récipiendaires sont principalement ceux qui
voyagent internationalement pour des raisons de santé; si Matas et Kilgour sont
corrects, les organes proviennent des membres incarcérés d’un [ groupe]
innocent; et les auteurs sont des pratiquants de la nécessité médicale. Comme
les allégations le révèlent, l’histoire semble horrible au point qu’elle est
difficile à croire. J’ai été si alarmé en apprenant ces allégations, que j’ai
lutté pour y trouver un sens. L’élément de l’histoire qui m’horrifie le plus,
s’il est vrai, est que ce sont mes collègues du milieu médical, des médecins,
qui ont perpétré ces actes. Ceci est le seul élément que j’ai la possibilité
d’aborder. Alors que je ne peux avoir plus de preuves que celles déjà
fournies3, je peux au moins prendre ces allégations comme crédibles.
Les greffes de reins, de foies, de cornées, de cœur
et de poumons offrent des bénéfices de survie et/ou de qualité de vie pour les
récipiendaires, dans un ordre approximativement décroissant de QUALITE gagnée.
La somme totale de qualité d’années de vie ajustées, données par la personne
décédée aux autres est considérable, et très grande en effet, si de multiples
organes sont donnés et greffés avec succès sur plusieurs individus. Pour
atteindre ce but l’opération sur le donneur et l’allocation des organes doivent
être coordonnées de façon experte. J’ai eu l’occasion de prélever et de greffer
divers organes. Mon implication personnelle atteignait des sommets durant le
week-end, lorsque j’ai pratiqué des greffes réussies de cœurs sur trois
patients en moins de 72 heures. Un préliminaire nécessaire était le processus
de prélever ces organes, et il est incompatible avec le prélèvement des organes
après exécution. Ce qui se produit est qu’une équipe d’anesthésistes continue à
surveiller et à régler soigneusement la physiologie vitale de la personne
déclarée morte cérébrale, dans le seul but de maintenir des organes viables
pour la greffe. Le cœur et les poumons sont maintenus en fonctionnement alors
qu’une dissection et une mobilisation méticuleuses du foie sont effectuées.
Puis dans une séquence rapide, les organes – cœur, poumons, foie, reins, puis
les cornées- sont prélevées, préservées puis mises de coté. Ce sont les aspects
pratiques nécessaires de l’opération du donneur, et on doit noter que ce n’est
pas compatible avec une récupération d’organes après un processus d’exécution judiciaire.
La personne normale non préparée doit bien ressentir ceci comme macabre et
repoussant, mais les équipes de greffes doivent nécessairement se protéger
elles-mêmes contre ces réponses émotionnelles et viscérales.
Comment en sommes nous arrivés à ce point?
L’éthique médicale n’est ni absolue ni statique. En occident, nous avons défié
sans cesse les croyances antérieures et repoussé les normes de comportement au
cours des quelques dernières décades. Par exemple, l’avortement et la
manipulation de la fertilité (dans les deux directions) ont attiré des
négociations étendues et il n’y a encore aucune unanimité sur beaucoup de
points. La distinction entre la vie et la mort a été redéfinie, en particulier
au bénéfice de la greffe. Un rein provenant d’un cadavre peut recouvrer alors
que le récipiendaire est soutenu par la dialyse, mais une fois que le myocarde
se nécrose, le cœur est irréversiblement mort. C’était l’absence de battement
de cœur qui définissait la mort jusqu’à ce que l’évènement de la greffe de cœur
ait très publiquement posé la question fin 1960. Une fois le processus de la
mort achevé, au point que le cœur s’arrête ou fibrille, il est probablement
endommagé au-delà du recouvrement. Pour que la greffe de cœur réussisse, la
mort doit être redéfinie comme mort cérébrale. La greffe de cœur repousse les
limites de ce que les médecins peuvent et ne peuvent pas faire, et en retour,
la société accepte de nouvelles définitions. Pour que de multiples donations
d’organes réussissent, quelque chose qui aurait été horrible à une autre
époque, devient non seulement tolérable mais louable sous de nouvelles
réglementations. L’émoussement de nos réponses viscérales et la redéfinition
des limites éthiques sont des étapes qui pourraient nous mener, si nous ne sommes
pas prudents, sur une pente glissante des tenants de l’éthique, et doit être
reconnu en tant que tel. Mais pourrait-il y avoir des précédents possibles qui
pourraient rendre encore lointainement crédibles, les allégations selon
lesquelles les médecins s’engagent dans le prélèvement systématique d’organes
sans le consentement de victimes en bonne santé ?
Dans les années 1930, les premières étapes sur la
route de l’holocauste ont été franchies – et avec la complicité des médecins.5
La façon dont ceci s’est produit mérite l’attention ; si nous ne reconnaissons
pas les faits et ne comprenons pas comment ceci a pu se produire, comment
pourrons nous empêcher que cela se reproduise à nouveau ? En Allemagne, comme
partout, il y avait des personnes en soins institutionnels à long terme. De
tels patients varient dans leur capacité d’interaction avec leurs soignants ;
d’un coté du spectre, il n’y a pas de preuve de conscience ou de capacité pour
les êtres sensibles. Le point de vue a surgi, comme c’était inévitable, que si
leur vie devait s’éteindre doucement, il n’y aurait pas de perte. Ce serait
peut-être une bénédiction. Ce serait sûrement un soulagement pour leur famille.
De plus, il y aurait économie de temps, d’argent, d’amour et de dévotion de la
part des familles et des infirmières qui pourraient être utilisées à de
meilleures fins. Leur état a été saisi dans la phrase allemande lebensunwertes
Leben qui signifie ‘’la vie indigne de la vie’’.5 La question éthique était de
savoir s’il était acceptable de prendre des mesures actives pour faire venir
leur fin ; en parallèle la question médicale qui a surgi était, comment ça
pouvait être fait. Comment cela peut-être fait est en soi important parce que
si la vérité crue de ce que nous faisons peut être masquée par l’argument
d’intention secondaire ; on pourrait trouver acceptable d’amener une vie à sa
fin. Diverses méthodes ont été considérées. Mettre en place une politique de
calmants croissants pour réduire toute possibilité de détresse, en était une.
Une autre était la privation de nourriture en sous-nourrissant
systématiquement, ou en donnant une diète à dessein déficiente en certains
composants essentiels. Mais comment mettre cette politique à exécution ?
On a demandé à une équipe de médecin d’imaginer un
questionnaire, un formulaire, sur lequel seraient collectée des informations
sur le niveau fonctionnel des individus. Le travail a été fait et les critères
établis. Ces questionnaires ont été réalisés sur tous les patients
lebensunwertes Leben potentiels, par un autre groupe de médecins. Il semble
probablement que les personnes s’occupant des parents malades ou âgés qui ont
réalisé ces formulaires étaient enclins à exagérer le degré d’handicap,
évidemment dans la croyance que ceci entraînerait plus de soins pour leurs
parents plutôt que moins. Les formulaires étaient ensuite transmis à trois
contrôleurs qui, en retour devaient donner un avis, en fonction des critères
présentés, pour savoir si cette vie devait vivre ou pas. Les second et
troisième contrôleurs pouvaient voir les opinions précédentes sur le
formulaire, ce qui avait pour effet d’encourager l’unanimité. Les formulaires
étaient retournés à un bureau, et des équipes de transport médical étaient
dispersées pour emmener ces individus identifiés comme lebensunwertes Leben
vers d’autres installations, ou le traitement était administré. Finalement, un
médecin émettait un certificat de décès plausible. Et cela a été fait. Les
rouages fonctionnaient, mais personne ne connaissait le but de la machinerie
entière. Il y avait des traces sur papier, c’est pourquoi nous pouvons être
surs que ce que j’ai écrit est arrivé.5 Il y avait des portes de sortie pour
ceux ayant des soupçons sur ce qui se passait et qui s’étaient avérés ‘’ pas à
la hauteur de la tache’’. Ils pouvaient être relevés de ces taches et
transférés vers d’autres emplois. Au début de la guerre, l’horreur
incompréhensible s’en est suivie, mais ce sont les politiques et les méthodes
développées pour les lebensunwertes Leben qui ont fourni un plan pour ce qui a
suivi, et les médecins y étaient totalement impliqués. Ainsi, quel est le
rapport avec les greffes. Par leur nature, il y a des rouages qui peuvent aussi
actionner cette machine. Les proches de donneurs d’organes ne voient pas de
futur pour leurs parents dépendants des respirateurs. Ils informent les
coordinateurs de greffes, qui ont la louable mission d’optimiser les
opportunités pour les récipiendaires potentiels et d’œuvrer à obtenir le
consentement des familles. Un réseau international, établi sur la base de
l’impartialité, est informé de la disponibilité des donneurs d’organes.
L’équipe récupératrice désignée, habituellement des chirurgiens stagiaires ou
de soi-disant ‘’chercheurs’’ ou camarades de greffes, se rendent où ils sont
envoyés et où ils ont un travail à effectuer. C’est toujours pratiquement au
plus profond de la nuit, lorsque les salles d’opération sont libres, que les
routes et les voies aériennes sont fluides, et toujours sous une extrême
pression de temps afin de maximiser la qualité des organes. Pendant ce temps,
les équipes de greffes appellent les bénéficiaires sur des listes d’attente, et
exécutent des greffes urgentes, dans plusieurs hôpitaux différents, dans une
course contre la montre. La pression du temps, la dispersion géographique, la
complexité de la compatibilité des multiples organes, la nécessité de préserver
la confidentialité et l’anonymat du donneur et du récipiendaire et la pure
logistique de ceci signifie qu’aucun membre du personnel médical n’a de vue
d’ensemble du processus complet. Ni ne peuvent s’y attendre en Chine. C’est
pourquoi ceci rend plausible le fait que cela puisse se produire et que les
médecins eux-mêmes puissent le faire, en grande partie sans en être conscients,
ou au moins avec suffisamment de distance pour fermer les yeux et faire la
sourde oreille.
Révéler la source exacte de tous les donneurs
d’organes, avec une trace papier complète et transparente, serait suffisant
pour réfuter les allégations mais de façon curieuse, il serait difficile de le
faire, même dans des pays plus ouverts que la Chine ne l’est à présent. Dans
les circonstances où j’ai été impliqué, il y avait une compréhension explicite
selon laquelle le processus ne démarre seulement que lorsque c’est ce que le
donneur aurait souhaité, mais le fait est que je n’ai jamais été en position
d’inspecter la documentation du processus de consentement. Les cœurs arrivaient
dans la salle d’opérations sans nom attaché et dés lors, le bénéficiaire était
anesthésié, et nous étions sur le point de prélever le cœur malade. Les
facteurs qui rendent les allégations plausibles sont la partition des éléments
logistiques et des étapes techniques comme décrites partout ailleurs dans les
greffes, et la nécessité de la hâte. Ce qui le rend crédible est le fossé
numérique entre le nombre rapporté de greffes, comparé avec ce qui est possible
dans les autres pays, le court délai d’attente et la confiance avec laquelle
les opérations sont offertes sur le marché mondial de la santé1 ainsi que les
tests sanguins routiniers effectués sur Falun Gong.
Références
2006 1. Centre d’Assistance du réseau International de Transplantation de
Chine. Le coût de la greffe. http: //archive.edoors.com/render.php? uri=http:
//en.zoukiishoku.com/list/cost.htm+&x=16&y=11 . 2006.Ref Type: Dernière
Citation Electronique accessible: 9 Octobre 2006
2. Zhang Feng. Nouvelle réglementation pour réguler les greffes d’organes.
http: //www.chinadaily.com.cn/china/2006-05/05/content_582847.htm. 2006. 23-9-2006. Ref Type:
Dernière Citation Electronique Accessible: 9 Octobre 2006
3. Rapport sur les allégations de prélèvement d’organes sur des pratiquants
de Falun Gong http: //www.davidkilgour.ca/. 2006. 23-9-2006. Ref Type: Dernière
Citation Electronique Accessible 9 octobre 2006 [...]
5. Lifton Rj Les médecins Nazis. Livres Basiques USA 2000. Cette
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Les reportages originaux renommés du groupe, les éditoriaux et les publications
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Traduit de l'anglais de : http://en.clearharmony.net/articles/200703/38480.html
Version anglaise disponible à : http://www.clearwisdom.net/emh/articles/2007/3/12/83465.html