Écrit par un pratiquant
Le 4 août 2003
[Site Clartés et Sagesse]
[Cet article démontre d’une perspective unique comment des
fonctionnaires ordinaires sont obligés par le régime de Jiang de s’impliquer
dans la persécution des pratiquants du Falun Dafa et ce qu’ils en pensent à ce
moment-là].
En 2001, j’ai rencontré un camarade de classe à l’école de premier cycle
du secondaire. Il est maintenant chef du département de personnel d’un certain
bureau national. Lors de notre conversation, j’ai parlé du Falun Gong. Je lui
ai dit que j’ai cultivé pendant quelques années et par conséquent, je suis
devenu en bonne santé. Soudain, il a répondu immédiatement : « Je suis très
familier avec le Falun Gong. Je suis responsable de parler aux pratiquants du
Falun Gong (afin de les forcer à abandonner la cultivation) dans mon unité de
travail. » Puis il a passé une heure à me dire comment son unité de travail «
traitait » les pratiquants du Falun Gong. Je pense que ma conversation avec lui
aidera probablement les pratiquants à l’outremer à mieux comprendre la
situation en Chine, donc j’écris un article à ce sujet. Cela pourrait servir
comme un rapport original sur les attitudes de certaines agences
gouvernementales et des fonctionnaires gouvernementaux en Chine envers la
grande Loi et les pratiquants en 2001.
À ce moment-là, mon camarade de classe a dit : « Dans notre bureau
général, il y a trois pratiquants du Falun Gong en tout. Deux d’entre eux ont
publiquement arrêté la pratique après le début de la persécution. Le troisième
insiste toujours à continuer la pratique. Le directeur de notre bureau m’a
demandé de lui parler. Au cours notre conversation, j’ai confirmé qu’il était
une très bonne personne et un excellent employé et que son travail était si
remarquable que ses supérieurs et collègues avaient développé une bonne opinion
de lui pendant plusieurs années. Puis j’ai essayé de le persuader d’abandonner
la pratique du Falun Gong, puisque le Falun Gong était interdit par l’état. Il
a dit « non « et a insisté pour continuer à pratiquer. Je lui ai demandé à
nouveau s’il pouvait pratiquer secrètement dans sa maison afin qu’il ne crée
pas des ennuis à notre patron. Je lui ai demandé de dire qu’il a abandonné la
pratique sur requête. Il a répliqué que cela n’était pas correct et que le Falun
Gong lui a enseigné de dire la vérité. Puis, je lui ai encore demandé de ne pas
participer aux activités dans des lieux publics afin que je puisse donner une
explication à notre patron. Il a encore dit “non”. »
« À ce moment-là, le chef de notre patron subissait une grande pression
de la part des fonctionnaires haut placés qui avaient émis cet ordre : si on
trouve dans une unité de travail des pratiquants du Falun Gong prendre part aux
activités dans les lieux publics, les bonis de tous les employés dans cette
unité de travail seront suspendus. (Note : le salaire actuel des employés
chinois est légèrement supérieur à la moitié du total de leur revenus, tandis
que les bonis constituent presque l’autre moitié. Cela signifie que les
employés subiraient une grande perte économique si les supérieurs déterminent
de suspendre leurs bonis).
J’ai parlé à nouveau au pratiquant à ce sujet. Je lui ai demandé d’avoir la
considération pour tout le monde et de ne pas leur faire perdre leurs bonis en
raison de sa pratique. J’ai ajouté que la vie n’est pas facile pour tous et
tout le monde s’inquiète à l’idée de perdre leurs bonis. Par conséquent, il a
soumis sa démission le lendemain, disant qu’il préférerait subir des
difficultés au lieu de créer des problèmes aux autres. Mon patron et moi étions
surpris par sa décision. Nous avons continué à le persuader d’abandonner sa
cultivation. Même s’il s’insistait à cultiver, aussi longtemps qu’il acceptait
de pratiquer en secret chez lui à l’insu des autres, personne dans notre unité
de travail ne lui donnerait des problèmes. Mais il était déterminé à continuer
sa cultivation au prix d’abandonner son travail. Je lui ai demandé comment il
gagnerait sa vie. Il a dit qu’il avait encore des aptitudes personnelles sur
lesquelles il pouvait gagner sa vie en sus de sa formation académique. Mais
nous savions que personne n’oserait l’embaucher s’il persistait à cultiver le
Falun Gong. Nous lui avons demandé ce que pensait sa femme à ce sujet et il a
dit qu’elle le comprenait et l’appuyait dans sa décision. À ce stade-ci, le
patron ne pouvait plus rien dire. Il n’était pas prêt à forcer un si bon
employé à donner sa démission simplement parce qu’il pratiquait le Falun Gong.
Tout le monde savait qu’il était une bonne personne et de plus, il avait pris
cette décision par égard pour les autres. Mon patron et moi avons essayé à
plusieurs reprises de le persuader (supplier, pour être plus précis). À la fin,
il a accepté à contrecoeur de ne pas pratiquer ouvertement, et puis le patron a
caché sa démission.
Mais six mois plus tard, il a participé à nouveau à une pratique du
Falun Gong dans un certain parc. Il a été alors détenu par le bureau de la
Sécurité publique et a été repris par notre unité de travail. Nous lui avons
demandé à nouveau de garantir qu’il ne pratiquerait plus jamais ouvertement,
mais cette fois il a refusé peu importe notre insistance.
N’ayant pas d’autre choix, notre patron a été contraint par ses
supérieurs de le congédier de notre unité de travail. Cependant, le patron lui
a donné une porte de sortie en traitant ce cas comme une démission à la place
d’une punition, ce qui serait bon pour lui de différentes façons :
premièrement, il obtiendrait un salaire pendant les six prochains mois;
deuxièmement, il ne subirait pas de discrimination en cherchant un emploi,
parce qu’il serait difficile pour une personne de trouver un autre emploi après
avoir été congédié de son emploi précédent.
J’étais impliqué dans cette affaire depuis le commencement jusqu’à la
fin. Cela m’a rendu très triste et j’avais plein de regrets pour mon collègue.
Je ne pouvais pas comprendre qu’il perdrait son gagne-pain tout simplement à
cause du Falun Gong. Je pensais qu’il devrait arrêter la pratique puisque le
gouvernement l’interdit. De toute façon, le pouvoir d’une seule personne est
trop faible pour se battre contre le pouvoir d’un pays. Un homme sage ne se
battra pas contre des forces supérieures. Puis, j’ai eu la chance de rencontrer
d’autres pratiquants. Je leur demandais souvent : « Pourquoi insistez-vous à continuer
le Falun Gong quand il y a tant d’autres types de Qigong? Quelle est la
différence entre la pratique du Falun Gong et d’autres méthodes de Qigong ?
Pourquoi ne choisissez-vous pas une autre pratique de Qigong en remplacement du
Falun Gong ? Dites tout simplement un mensonge, de cette façon vous pouvez
continuer votre pratique et garder votre emploi en même temps. Vous êtes trop
honnêtes et bons pour dire des mensonges, mais pourquoi ne voulez-vous pas
apprendre quand on vous enseigne comment mentir ? Comment se fait-il que vous
soyez si têtus ? »
Saisissant cette occasion, j’ai été en mesure de clarifier des faits sur
le Falun Gong à mon ami, mais il en avait toujours une mauvaise compréhension.
Puis je lui ai prêté quelques conférences sur la Loi données par le Maître et
il a dit qu’il les lirait attentivement.
Puis, à l’occasion de chaque nouvel Fête du Printemps, je l’appelais
pour lui souhaiter une bonne année. La première année, ses premières paroles
étaient : « Est-ce que tu continues à pratiquer le Falun Gong? Je m’inquiète
beaucoup à ton sujet ». Ma réponse était : « Oui, je pratique toujours. Ne
t’inquiète pas pour moi! ». Je comprenais la signification derrière ses paroles
: il voulait que je pratique en secret à la maison mais que je dise
superficiellement que j’avais abandonné, et de cette façon, personne ne me
créera des ennuis même si une autre personne mettait secrètement mon téléphone
sur table d’écoute. Mais j’insistais à ne pas mentir. Croyant que je n’avais
pas compris, il a dit : « Alors, fais attention! » Il n’a pas demandé la même
question l’année suivante; plutôt il m’a demandé au téléphone de faire
attention à ma santé. Il m’a rappelé de faire attention à la nature héréditaire
du diabète parce que mes parents avaient cette maladie. J’ai répondu : « Tu
sais très bien que j’étais très malade avant de commencer la pratique du Falun
Gong et le Falun Gong est efficace pour guérir les maladies et donner aux gens
une bonne santé. Le fait est que ta condition physique est en train de se
détériorer année après année, et c’est moi qui dois te rappeler de t’occuper de
ta santé! » Il a répondu gauchement : « Oui, Oui. En fait je sais très bien
cela, je sais que vous, les pratiquants du Falun Gong, sont en très bonne
santé, et j’ai simplement l’habitude de parler de cette manière. »
Tels sont les pensées et le comportement d’un fonctionnaire ordinaire
durant la persécution de la grande Loi. D’un côté, ils sont obligés de faire
des méfaits à contrecœur pour saboter la grande Loi, et de l’autre côté, ils
arrivent à protéger les pratiquants parce que, même pendant les moments les
plus cruels et difficiles de la persécution du Falun Gong, ils ont toujours une
conscience et ont la compassion dans leurs cœurs. C’est dans cette compassion
que naît l’espoir.
http://www.clearwisdom.net/emh/articles/2003/8/22/39391.html
http://minghui.org/mh/articles/2003/8/4/55114.html
Traduit au Canada le 29 août 2003.