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Information des Droits
de l’Homme : Hong Kong devrait rejeter le projet de loi sur la subversion
[Site Clartés et Sagesse]
Les critère de la loi
chinoise vont saper les fragiles libertés
(New York, le 20
mai 2003) – La législature de Hong Kong devrait rejeter la loi controversée sur
la sécurité nationale parce que cela ferait reculer les libertés fondamentales,
a dit Human Rights Watch aujourd’hui.
« La cloche sonne pour les libertés civiles à Hong Kong. S’il est promulgué dans sa forme actuelle, ce projet de loi va introduire les critères de la loi chinoise par la porte de derrière et pourrait miner pour toujours les libertés civiles et la société civile qui distinguent aujourd’hui Hong Kong de la Chine. »
Brad Adams
Responsable de
la division Asie à Human Rights Watch
Malgré des protestations intérieures et internationales, le Gouvernement de Hong Kong a hâté le projet sur la sécurité nationale (dispositions légales) à travers le processus légal. Le projet de loi d’empêcher « la trahison, la sécession, la sédition, la subversion contre le Gouvernement central du peuple ou le vol de secrets d'État » est prévu pour être voté en loi au dernier conseil législatif (Legco) ayant lieu le 9 juillet.
« La cloche sonne pour
les libertés civiles à Hong Kong, » a dit Brad Adams, le responsable de la
division Asie à Human Rights Watch. « S’il est promulgué dans sa forme
actuelle, ce projet de loi va
introduire les critères de la loi chinoise par la porte de derrière et pourrait
miner pour toujours les libertés civiles et la société civile qui distinguent
aujourd’hui Hong Kong de la Chine. »
Human Rights Watch a envoyé une lettre ouverte aux membres du conseil
législatif de Hong Kong, analysant et établissant leur profonde inquiétude en
ce qui concerne le projet de loi sur la sécurité nationale (dispositions
légales). Human Rights Watch a dit que des modifications à la législation suite
à la période de consultation publique ont abordé les dispositions les plus
problématiques. Cependant, si elle est promulguée, la loi menacerait toujours
les droits humains fondamentaux et les libertés fondamentales à Hong Kong.
La déclaration conjointe sino-britannique de 1984 garantit explicitement
que toutes les libertés à Hong Kong, y compris la liberté de la presse, la
liberté religieuse et la liberté d’association – continuent pour au moins 50
ans. Human Rights Watch a dit que Hong Kong fait partie de la Convention
internationale sur les droits civils et politiques et que des lois ne doivent
pas être promulguées si elles compromettent ses obligations internationales.
Human Rights Watch s’est
documenté sur la dernière décade, de semblables lois sur la subversion sur le
continent ont été régulièrement utilisées pour déclarer coupables et
emprisonner des journalistes, des militants ouvriers, des personnes travaillant
avec Internet et des universitaires. Maintenant que Hong Kong fait partie de la
Chine, une nouvelle loi sur la subversion qui reflète celle sur le continent
donne raison à l’inquiétude, que les droits humains à Hong Kong sont peut-être
menacés.
« Même dans des sociétés
démocratiques, des crimes comme la sédition, la trahison, la sécession et la
subversion sont inévitablement imprécis et ouverts à des abus sélectifs, »
a dit Adams. « Etant donné l’histoire de la Chine sur l’application arbitraire
de ses propres lois sur les criminels contre les dissidents et la réelle
capacité de Beijing à interférer le processus de décision de Hong Kong, la
nouvelle législation sur la subversion pose une réelle menace aux libertés sur
le territoire. »
Human Rights Watch a
identifié un certain nombre de changement troublant dans l’actuel système légal
de Hong Kong, si le projet de loi du Gouvernement passe :
·
Il y aurait subversion si un individu « désinstaure » le
système de la Chine ou « intimide » le Gouvernement central par des
moyens qui mettent en danger la « stabilité » de la Chine. Aucun de
ces termes n’est défini dans la loi. A cause de cela, le Gouvernement pourrait
classifier des rassemblements publics comme la commémoration annuelle des
événements du 4 juin à Tiananmen comme « de graves moyens illégaux »
et persécuter ceux qui participent pour subversion.
·
De nouvelles catégories d’informations protégées sont ajoutées à la loi
de Hong Kong, telles que « des informations liées aux affaires de Hong
Kong sous la responsabilité de l’autorité centrale » et des informations,
documents ou articles sur la défense et les affaires étrangères – tous des
domaines communs de reportages aujourd’hui à Hong Kong.
·
Une nouvelle autorité est donnée aux commissaires de police pour
ordonner des recherches sans mandat dans des cas relevant de la sécurité
nationale. Ceci est une cassure grave avec la tradition légale à Hong Kong.
Toute autorité de ce genre devrait être réservée au pouvoir judiciaire et
autorisée seulement dans les circonstances les plus restreintes.
·
La sédition, un délit largement sous abus en Chine, est exposé dans des
termes généraux, au lieu d’être limité à interdire directement l’incitation à
la rébellion armée. Cela comprend des peines criminelles allant jusqu’à sept
ans d’emprisonnement pour avoir publié, envoyé, distribué, affiché, imprimé,
reproduit ou échangé toute publication « séditieuse » avec
l’intention d’incitation.
Human Rights Watch a dit
qu’une des raisons pour laquelle le Gouvernement hâte le projet de loi à
travers la législature pourrait être que le majorité du Conseil législatif
considérerait maintenant que le projet de loi sur la subversion n’est pas voté
démocratiquement. Avec le Gouvernement contrôlant le comité du projet de loi et
une majorité des votes, il est très peu probable qu’aucun amendement protégeant
les libertés civiles ne passe.
Le Gouvernement de Hong Kong
insiste que le passage sur la législation sur la subversion est mandatée par
l’Article 23 de la Constitution, mini-constitution de Hong Kong. Mais beaucoup
d’experts en loi, y compris l’Association du Barreau de Hong Kong, ont
longtemps posé la question sur l’urgence et sur la nécessité d’une nouvelle
législation, car les lois de Hong Kong couvrent déjà de façon adéquate tous les
actes qui pourraient être considérés comme subversifs.
Human Rights Watch souligne
que la Constitution mandate aussi un mouvement vers des élections démocratiques
du chef exécutif et judiciaire avec le but ultime du « suffrage
universel » - un processus que le Gouvernement de Hong Kong doit sortir de
l’ornière.
« Les 7 millions de
personnes vivant à Hong Kong ont exercé pacifiquement et avec responsabilité
leurs libertés pendant environ six ans, » a dit Adams. « La grande
majorité du peuple de Hong Kong est opposé à ce projet de loi. Nous pressons la
Legco de tenir compte de l’opinion publique et de rejeter fermement la
législation. »
Human Rights Watch a dit que
le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Japon et l’Union Européenne avait grand
intérêt à voir les libertés survivre à Hong Kong et que ces pays devraient
communiquer à Beijing en privé et publiquement combien le fait que la loi sur
la subversion passe ferait du tort à l’image et aux intérêts de Hong Kong.
« Le Gouvernement
britannique, en tant que partie de la déclaration conjointe, et les Etats-Unis,
sous l’Acte de la politique Etats-Unis-Hong Kong, ont tous deux des
responsabilités spécifiques pour assurer la continuation des libertés
fondamentales à Hong Kong, » a dit Adams. « Les deux Gouvernements
doivent insister sur le fait que Hong Kong ne ploie pas devant la pression de
la Chine pour faire passer la législation sur la subversion en loi. »
http://hrw.org/press/2003/05/hk052003.htm
Traduit en Europe le 25 mai
2003
http://www.clearwisdom.net/emh/articles/2003/5/24/36108.html