"Utiliser
la raison pour prouver la Loi, utiliser la sagesse pour expliquer clairement la
vraie image, utiliser la compassion pour que la Loi soit immensément répandue
et pour donner le salut aux gens de ce monde" (Rationalité)
JE N’OUBLIE PAS YING
ZHU...ET VOUS?
Au
cas où vous l’auriez déjà oubliée, Ying Zhu est cette jeune Chinoise,
immigrante reçue au Canada, qui a été arrêtée en Chine le ou vers le 10 mai
dernier, lors d’un voyage pour visiter, à sa demande, sa mère malade.
Ying
Zhu est une adepte du Falun Dafa, à la fois pour des raisons de santé (elle
souffre d’asthme grave) et pour sa sérénité (le Falun Dafa n’est pas la même
chose que le bouddhisme, mais partage les mêmes valeurs de compassion et de
générosité).
À
première vue, Ying Zhu et moi n’avons rien en commun. Je suis né Canadien, ma
langue maternelle est le français (alors que Ying Zhu peut s’exprimer en
anglais, pas encore en français), je n’ai rien de chinois et n’ai rien à voir
avec le Falun Dafa. Pourquoi devrais-je être préoccupé par son sort?
En
fait, à bien y penser, je n’aurais probablement pas «vraiment» été touché par
ce qui lui arrive, un peu comme tous ceux qui, comme moi, sont si différents de
cette jeune femme. J’aurais normalement peu réagi à la conférence de presse du
26 mai dernier nous informant du sort de Ying Zhu, pour tout au plus être
légèrement indigné le temps de passer à quelque chose d’autre quelques jours
plus tard, tout comme l’ont fait les médias et la poignée de citoyens bien
pensants qui ont élevé la voix pour cette conférence de presse et celle qui a
suivi le 31 mai.
Mais,
cette fois, il m’est impossible de «protéger» mon indifférence. Le hic, c’est
que je connais Ying Zhu, personnellement. Je l’ai rencontré à quelques reprises
dans des fonctions sociales, indépendantes des activités du Falun Dafa. Et
dernièrement, quelques jours avant son départ pour la Chine, Ying Zhu nous
avait invités, mon épouse (née ici, aussi «blanche» que moi, catholique et de
langue française) et moi, à souper dans le Chinatown avec quelques-uns de ses
amis Chinois.
Pour
moi, Ying Zhu a un visage familier. Je connais sa gentillesse et sa gêne
naturelle. Je connais son grand cœur et son sourire discret et sans cesse
présent m’a touché. J’ai vu sa fragilité et senti son innocence et sa naïveté
bon enfant. Je sais qu’elle ne peut sciemment ni ne veut blesser ou faire du
tort à qui que ce soit. Elle n’est pas un concept, elle n’est pas une curiosité
du télé journal de 2200h. Elle est un être humain, un vrai être humain en chair
et en os. Je sais cela, parce que je la connaîs personnellement. Et je ne peux
plus me cacher dans le confort de mon foyer jusqu’à ce que mon amie Ying Zhu
soit libre et de retour saine et sauve chez elle, au Canada.
Mais
dites-moi ! faut-il connaître un autre être humain personnellement pour en être
préoccupé et partager réellement son malheur? Pour moi ce n’est plus possible
de vivre ainsi. Je n’oublierai pas Ying Zhu! Jamais! Pas plus que je ne peux
maintenant rester indifférent au sort d’autres jeunes et moins jeunes Chinois
innocents qui souffrent inutilement aux mains de leur gouvernement, alors
qu’ils ne représentent aucun danger pour qui que ce soit.
Alors,
je ne peux plus comprendre, pas plus qu’accepter, que vous, les médias
canadiens, vous prépariez à oublier si vite Ying Zhu. Elle n’est ni un concept
abstrait, ni une nouvelle insolite. Elle est un être humain souffrant d’une
grande injustice, pour qui vous avez le pouvoir de faire la différence entre
vivre ou mourir en proclamant haut et fort votre indignation, tout en réclamant
son retour au Canada, cette terre qui a accueilli comme immigrante Ying Zhu, ma
concitoyenne, ma voisine, mon amie.
Aussi,
je ne peux plus comprendre, pas plus qu’accepter, que vous, chers concitoyens
«choqués» par l’information de la première conférence de presse, vous prépariez
à oublier si vite Ying Zhu pour vaquer en toute sécurité à vos activités
quotidiennes. L’isolement de Ying Zhu et ses souffrances sont une réalité
tragique qui ne disparaîtra pas par enchantement et qui va même empirer suite à
votre indifférence. Ying Zhu doit-elle être moins importante pour vous parce
qu’elle n’est pas une de vos connaissances ou une parente?
Je
ne peux non plus comprendre, ni accepter comme Canadien, que vous, M. Chrétien,
le leader et le protecteur de TOUS les habitants du Canada, cette terre de la
démocratie de droit et de fait, vous prépariez à oublier si vite Ying Zhu.
Votre silence public (silence complet, pour ce que j’en sais), face à l’urgence
d’agir pour arrêter la souffrance de cette innocente habitante du Canada, une
personne sous votre protection, votre silence est-il dû au fait que Ying Zhu
est un concept abstrait pour vous, pas un être humain? Restez-vous silencieux
parce que vous ne la connaissez pas personnellement? Si tel est le cas, comment
puis-je continuer à mettre ma confiance en vous et croire que vous assurerez ma
sécurité dans des circonstances similaires? Parce que dans ce cas, j’ai bien
peur de n’être aussi qu’un concept abstrait pour vous, plutôt qu’un être
humain, Canadien ou pas.
Enfin,
je n’ai jamais compris, et ne peux pas accepter que vous, M. le président Jiang
Zemin, le leader tout puissant de la plus grande nation du monde, vous puissiez
oublier Ying Zhu et laisser son destin aux mains de l’absurdité. Je ne suis pas
Chinois et je ne peux pas comprendre pourquoi, moi, un étranger parmi les
étrangers, je suis plus préoccupé que vous du sort de votre petite sœur, une
jeune femme complètement inoffensive, une minuscule goutte d’eau dans l’océan
de votre pouvoir absolu. Je ne sais pas pourquoi, par indifférence, vous allez
condamner votre petite sœur, votre propre sang chinois à l’oubli. Elle ne
représente aucun danger réel pour vous. En oubliant Ying Zhu, n’avez-vous pas
oublié que votre énorme pouvoir, en qualité de leader de la Chine, vous a été
confié pour faire grandir dans la dignité votre belle nation, non pour lui
faire perdre la face par la destruction insensée et honteuse de Ying Zhu?
Je
n’oublie pas Ying Zhu, pas seulement parce que je la connais, mais aussi parce
qu’elle est un être humain souffrant injustement; et cette pensée m’est
insoutenable comme être humain. Laisser tomber Ying Zhu, c’est laisser tomber
l’humanité, c’est laisser tomber ma propre sécurité et mourir par la négligence
et l’infidélité de nos médias, de mes concitoyens et de mon gouvernement, c’est
mourir à cause de l’indifférence de leaders politiques pour qui je ne suis
rien, autant au Canada qu’en Chine. Oublier Ying Zhu n’est pas un crime moins
sérieux que celui des Montréalais qui n’ont pas secouru la jeune femme retrouvé
dernièrement inconsciente dans un stationnement (l’avez-vous déjà oubliée, elle
aussi?). Oublier Ying Zhu c’est un crime de non-assistance à une personne en
détresse. Oublier Ying Zhu n’est pas seulement une honte, c’est abdiquer votre
humanité.
Votre
indifférence et l’oubli vont tuer Ying Zhu aujourd’hui. Votre indifférence et
l’oubli vont tuer un de vos amis, un de vos parents demain. N’oubliez jamais
Ying Zhu! Élevez haut et fort la voix, concitoyens et concitoyennes, et exigez
son retour immédiat dans sa nouvelle famille canadienne. Élevez haut et fort
votre voix, président Jiang Zemin, et arrêtez l’absurde détention de cette
petite sœur et rendez-la à sa famille canadienne.
N’OUBLIEZ
PAS YING ZHU !!
http://www.clearwisdom.net/emh/articles/2001/6/11/11400.html