"Utiliser
la raison pour prouver la Loi, utiliser la sagesse pour expliquer clairement la
vraie image, utiliser la compassion pour que la Loi soit immensément répandue
et pour donner le salut aux gens de ce monde" (Rationalité)
Conférence de presse de Genève à la Commission des droits de
l’homme par des pratiquants du Falun Gong
Mesdames
et Messieurs, membres de la presse :
Comme vous le savez tous, le régime chinois a
commencé une brutale répression sur la pratique de méditation connue sous le
nom de Falun Gong. Depuis, presque chaque jour, les pratiquants de Falun Gong
en Chine se sont dirigés vers la place TianAnMen, déroulant des bannières ou
faisant les exercices, dans le but de faire appel au gouvernement pour
interrompre la répression. Ces pratiquants sont rapidement déboutés et placés
en détention, où ils sont sujets à de nombreuses formes de mauvais traitements
et de tortures. Depuis notre dernière réunion de l’année passée dans le cadre
des droits de l’homme, le Président Jiang Zemin a intensifié la persécution et
ordonné que le Falun Gong soit " éliminé par tous les moyens ", et le
taux de morts a augmenté de 300 % pendant les six derniers mois, pour s’élever
maintenant à 170. C’est au nom de ces courageux pratiquants que nous sommes ici
aujourd’hui.
Pendant cette session des droits de l’homme,
nous entendrons de très nombreuses histoires d’injustice et de torture à
travers le monde, aussi vous pourriez vous demander pourquoi nous désirons
spécialement attirer votre attention sur le cas du Falun Gong. La première
raison est que la persécution du Falun Gong se déroule en Chine, qui est
actuellement la plus grande nation du monde, ce qui, pour le meilleur ou le
pire, influence presque toutes les autres nations dans un sens économique ou
politique. Le degré d’agressivité ou de bienveillance manifesté par la
République de Chine affecte chaque pays dans son budget militaire, son
développement économique, ses investissements ou son assistance. De plus, la
Chine se trouve à une période charnière dans son développement, puisque de
nombreuses personnes ont accès à l’information et attendent ainsi plus de
liberté que le Parti Communiste semble bien vouloir leur accorder. Est-ce que
le régime chinois va se diriger vers une société plus civile et plus ouverte,
où va-t-elle au contraire intensifier l’oppression dans la crainte de perdre
son pouvoir ? Dans de nombreux aspects, le Falun Gong est devenu un test
multiforme auquel la Chine doit participer. En plus de ces côtés, le Falun Gong
aide à faire la lumière sur de nombreux crimes qui interviennent
quotidiennement en Chine. Torturer les fermiers qui ne sont pas capables de
payer de grosses taxes, imposer des avortements ou des stérilisations sur des
femmes qui sont à nouveau enceintes après avoir donné naissance à leur premier
enfant. Dans ces cas, nous comprenons que le gouvernement du Parti Communiste
Chinois éprouve quelques soucis politiques, mais très souvent, la sanction est
inutilement brutale et dépasse de loin la faute.
La répression sur le Falun Gong a aussi
attiré l’attention du monde sur l’intolérance du régime vis-à-vis de nombreuses
églises non répertoriées ou d’autres groupes religieux. Pendant des décennies,
prêtres et pasteurs des églises non officielles ont été tranquillement menacés
et jetés en prison pour leur foi. Ces groupes, aussi, ont été qualifiés de
" cultes mauvais " par le régime athée et des centaines de ces églises ont été rasées avant Noël de
l’année passée. Ce genre de répression impitoyable est continue et
systématique, et le Falun Gong ne fait que remonter à la surface ce qui a été
caché pendant si longtemps. Examinons les chiffres liés à cette persécution qui
s’est déroulée en l’espace de 19 mois. Les groupes défendant les droits de
l’homme signalent que des dizaines de milliers de personnes ont été envoyées en
camps de travail sans procès, et plusieurs centaines ont été jugées dans des
parodies de procès où ils ont pu écoper jusqu’à 18 ans de prison. Et ces cas ne
constituent que ceux qui sont rapportés et confirmés, puisque toute information
est obtenue avec de grands risques d’être impliqué. Jusqu’à ce jour, plus de
170 pratiquants ont été déclarés morts sous la torture.
De même que les pratiquants du Falun Gong
sont à la croisée de l’ensemble de la population chinoise, un peu plus de la
moitié des victimes est représentée par des femmes. Ceci est un aspect dont je
voudrais discuter un peu plus longuement aujourd’hui. Comme vous pouvez
l’imaginer, les pratiquantes sont souvent victimes des abus sexuels de
policiers peu scrupuleux. Certains camps de travail, dont le plus connu est
Masanjia dans la province de Liaoning en Chine, encouragent même l’humiliation
sexuelle afin d’intimider les pratiquantes et de leur faire renoncer à leur
foi. Dans plusieurs cas rapportés, les policiers ont même été jusqu’à utiliser
des bâtons électriques sur les parties intimes féminines, provoquant tellement
de choc et de douleur que les femmes perdent souvent connaissance ou perdent le
contrôle de leurs mouvements intestinaux. Nous pensons que vous pouvez le
comprendre quand nous disons qu’aucune parole prononcée aujourd’hui ne peut
rendre compte du traumatisme subi par ces femmes. Qui sont ces femmes ? Ce sont
des femmes de toutes conditions, allant des professeurs aux infirmières et aux
ménagères. Beaucoup sont âgées et ont des petits-enfants, alors que d’autres
sont beaucoup plus jeunes et fréquentent les écoles et universités. La plupart
de celles qui ont décidé de se rendre à Beijing pour faire appel n’auront plus
de travail ou d’école quand elles retourneront chez elles, si elles sont
relâchées. Et ce ne sont pas seulement les pratiquants eux-mêmes qui ont
souffert de la persécution. Des familles entières ont été dévastées. Pères et
mères n’ont personne vers qui se retourner quand la police les appelle pour
leur dire que leur fille est morte " de causes naturelles " en
détention, et que le corps sera incinéré le jour même. Un récent rapport
d’Amnistie Internationale sur la torture en Chine évoque le cas des pratiquants
internés dans des asiles psychiatriques où ils sont souvent contraints de
prendre des drogues. Le rapport indique que : " le 20 janvier 2000, Yang
Yong, un porte-parole du poste de police de Changguang… à Beijing, avoua à un
journaliste étranger que 50personnes environ, principalement des femmes,
étaient enfermées dans un hôpital psychiatrique près de Beijing. Il déclara
qu’elles n’étaient pas malades mais attendaient d’être rééduquées… " Des
centaines, peut-être des milliers de pratiquants sains de corps et d’esprit ont
subi des dommages cérébraux et d’autres sont morts d’un tel " traitement
". Les nombreux cas rapportés d’injections mortelles et d’électrochocs
rappellent étrangement les tortures infligées par la police soviétique et le
KGB sous Staline il y a quelques dizaines d’années.
La plupart d’entre vous ont entendu parler de
ce tragique incident survenu au début du mois dans une petite ville de Chine.
Des douzaines d’enfants avaient trouvé la mort dans l’explosion de leur école
primaire. Avant que les autorités ne bloquent l’accès à la ville, les parents
ont raconté aux journalistes que les enfants avaient été obligés de
confectionner des feux d’artifice pour récolter de l’argent destiné à l’école
et aux personnalités officielles locales et que c’est la poudre utilisée qui
avait causé l’explosion. Les dirigeants du Parti Communiste n’avaient pas tardé
à dire que l’explosion avait été provoquée par un malade mental et que les
enfants n’avaient jamais été forcés à fabriquer des feux d’artifice. Un père
qui avait perdu son enfant de 11 ans dans l’explosion parlait au téléphone avec
un journaliste : " le gouvernement
essaie de camoufler les faits. S’il vous plaît ne les croyez pas. " Le
gouvernement ne fait que confirmer ces soupçons quand il décida de raser
l’endroit cette nuit-là même et de placarder des avis de recherche contre le fou présumé, bien que celui-ci devait en
principe avoir déjà péri dans l’explosion. Voici quelque chose que les
pratiquants de Falun Gong ont essayé de dire au monde depuis 19 mois. Le régime
du Parti Communiste utilise régulièrement sa propagande massive pour déformer
les faits afin de servir ses intérêts égoïstes. En faisant cela, le régime
dénie aux parents affectés par la tragédie le droit de savoir ce qui s’est
réellement passé, le droit de pleurer leur perte, le droit à une juste
compensation. Cette sorte de manipulation de la vérité a été aussi dévastatrice
pour des millions de pratiquants de Falun Gong et leurs familles, mais cela se
produit de manière plus insidieuse puisque le régime chinois accable les
victimes en les calomniant d’abord.
Il y a tellement de tactiques dans cette
répression qui rappellent ce qui s’est passé pendant la révolution culturelle.
Par exemple, les délégués du Parti Communiste sont en train de rassembler un
million de signatures de citoyens chinois condamnant le Falun Gong, qu’ils ont
l’intention de présenter à la Commission des droits de l’Homme. Premièrement
nous devons nous demander ce qu’un gouvernement fait à organiser une pétition,
alors qu'il s'agit plutôt d'un recours qui se passe au plus bas niveau. Ensuite
nous devons nous demander comment ces signatures ont été récoltées parmi la
population. D’après des sources chinoises, les écoliers et les ouvriers sont
obligés de signer sous peine de se faire renvoyer de leur école ou usine. La
récolte de signatures elle-même est devenue un moyen pour la police de prendre
des pratiquants de Falun Gong parmi la foule. Les Juifs pendant la dernière
guerre mondiale savaient trop bien ce que représentait le fait d’être désigné
dans une foule et ensuite de tout perdre quand la discrimination prenait une
issue mortelle. Les médias étrangers expriment déjà la crainte que sans aucune
pression extérieure, la Chine pourrait se lancer dans des actions encore plus
violentes contre le Falun Gong que contre les étudiants de la Place TianAnMen
en 1989. Leur souci n’est pas sans fondement. Le Parti Communiste chinois a
augmenté son budget militaire de 17,7 %, ce qui signifie des dizaines de
millions de dollars. Cette augmentation devrait tous vous affecter, comme cela
nous a affectés depuis que le Falun Gong a été déclaré " ennemi public
numéro un ". Comme l’a indiqué récemment le Général Chi Haotian, Ministre
de la
Défense pendant une réunion au Congrès
National du Peuple, l’Armée de Libération du Peuple fera tout ce qu’elle peut
pour supprimer des fléaux internes diaboliques tels que le Falun Gong, de
manière à assurer une solidité administrative à toute épreuve. Sommes-nous
prêts à laisser les chars d’assaut se diriger vers la place et répandre une
fois encore le sang des innocents ?
Les pratiquants en Chine sont des hommes, des
femmes et des enfants qui ont choisi de se dresser contre les forces du mal.
Leur cause est juste, et leurs moyens sont pacifiques. Nous avons reçu de
formidables encouragements des Etats-Unis, du Canada, et de la Commission
européenne. Maintenant le moment est venu pour le reste de la communauté
internationale de prendre parti. Les membres de la Commission des droits de
l’Homme doivent se rendre compte que voter en faveur de l’inévitable motion
chinoise de non-ingérence, contre la résolution américaine des droits de
l’Homme en Chine, voudrait simplement dire que les droits fondamentaux du
peuple chinois ne valent pas la peine d’être mentionnés. C’est comme si l’on
disait que la torture des pratiquants de Falun Gong, des Bouddhistes tibétains
et des Chrétiens est tout à fait justifiée. Qui viendra ensuite ? Les
Bouddhistes, les Taoïstes, les Musulmans ? Est-ce que le monde est prêt à
trahir nonchalamment son héritage spirituel pour des intérêts éphémères ?
Nous sommes ici à Genève pour sanctionner la
Chine. Nous sommes ici aujourd’hui pour débattre de l’avenir de la Chine. Le
PCC ne peut espérer devenir un membre respecté de la communauté internationale
à moins qu’il consente à faire quelques pas pour améliorer sa conception des
droits de l’Homme. Quelle nation au monde ne bénéficierait pas d’un dirigeant
plus stable et pacifique en Asie ? Le PCC tel qu’il existe actuellement a des
ennemis de tous côtés. Le régime communiste a créé lui-même cette situation.
Aujourd’hui, le centre moral de la Chine s’effondre, et les divergences au sein
du gouvernement commencent à se voir. Alors que nous observons ce drame se
dérouler dans cette période cruciale de l’histoire, nous devons
tous décider de notre position. Cette année
nous ne pouvons qu’espérer que le monde saura faire le bon choix.
Pour plus d’information, contactez le centre
d’information Falun Dafa
Contacts: Gail Rachlin
212-501-8080,
Erping Zhang 917-679-6944,
Feng Yuan 917-912-3301.
Email: faluninfoctr@nycmail.com